L’Eglise de Bossut
L’église de Bossut se trouve située par 56 grades 40 de latitude N. et 2 grades 62 de longitude E. L’altitude du seuil de la porte de l’église est de 92 mètres 64.
La paroisse de Bossut existait déjà au XI° siècle et était alors considérée comme une extension de la paroisse de Beauvechain. En vertu d’une donation faite en 1191 (L’existence d’une première église est attestée à Bossut en 1191) par l’archidiacre Albert de Louvain (canonisé plus tard), l’abbaye de Gembloux possédait le patronat à Bossut ainsi que la majeure partie des dîmes (le reste allant aux monastères de Florival, Oplinter, Aulne et Parc ainsi qu’au chapitre de Cambrai).
L’église de Notre-Dame de l’Assomption, de Bossut, reconnaît saint Roch pour patron secondaire. Elle avait autrefois rang d’église médiane et, après avoir dépendu du diocèse de Liège et du concile de Jodoigne, fut comprise dans l’archevêché de Malines et le doyenné de Louvain. Après le concordat, elle devint une succursale de la cure de Beauvechain.
En 1639, Guillaume Le Roy augmenta l’importance de la seigneurie de Bossut en achetant aux religieux de Gembloux, le patronat et les dîmes. Par la suite, lui et ses descendants qui en conférèrent la cure.
Bossut, Gottechain et Pecrot ne formaient qu’une seule paroisse à l’origine dépendant du diocèse de Liège et du doyenné de Jodoigne. En 1559, ce fut de l’archevêché de Malines et du doyenné de Louvain-Sud. Au XIX° siècle, la paroisse fit partie du doyenné de Beauvechain puis celui de Wavre, puis à nouveau (en 1871 et jusqu’à nos jours) de celui de Beauvechain. Au cours de ce même siècle, on créa la paroisse Saint-Remacle de Gottechain et la paroisse Saint-Antoine pour Pecrot-Chaussée. Les hameaux de Guertechain et de Beausart, pourtant assez éloignés, continuèrent à faire partie de la paroisse de Bossut car son curé ne désirait pas perdre trop de paroissiens.
L’ancienne église de Bossut, qui, selon la tradition, datait du XIe siècle, a été remplacée, de 1782 à 1787, par l’église actuelle, qui fut construite aux frais des décimateurs et entre autres du possesseur de la chapellenie de Sainte-Catherine.
Le chantier de la nouvelle église est entamé en 1786, elle fut consacrée en 1789 et les cloches furent placées en 1790. Elle fut érigée à l’emplacement de l’ancienne église et placée sous le pastorat de l’abbé Paul-Charles De Busscher (curé de l’époque pendant 52 ans et doyen de Louvain-Sud pendant plus de 20 ans).
Les frais s’élèveront à 29.000 florins de Brabant, à charge des décimateurs suivants :
- L’abbaye de Maegendael (Oplinter)
- L’abbaye de Florival (Archennes)
- L’abbaye d’Aulne (Thuin)
- La Vicomtesse Schotte, seigneur de Bossut
- Le sieur Delmez
L’architecte Robiets, de Tirlemont, dessina les plans d’une construction bien représentative d’une architecture normalisée de la fin de l’Ancien Régime.
Les autels proviendraient du couvent de Bethléem près de Louvain. Dans le maitre-autel, un tableau de Crayer « la Naissance du Christ » (4 m de haut sur 2,5 m de large).
A gauche de l’entrée de l’église, dans le mur de la façade, se trouve une dalle tumulaire avec l’inscription « Ci Git Le Baron Charles Jos Evers. Lieutenant Général des armées de Sa Majesté le Roi des Pays Bas, Commandeur des Ordres de Guillaume 1er et de Saint Ferdinand de Sicile, Chevalier de Saint Louis, officier de la légion d’honneur. Né à Bruxelles le 8 mai 1773 et décédé à Namur le 9 août 1818 ». Ce général avait un oncle curé à Bossut, ce qui lui a permis d’avoir sa sépulture dans le village.
Les dalles funéraires des Seigneurs
En entrant, on remarque plusieurs dalles en pierre bleue du pays (calcaire de Meuse), typiques de l’art funéraire brabançon :
- Les de Spangen : Plusieurs dalles au sol et encastrées dans les murs rappellent le règne de cette famille sur le Château-Ferme. On y voit leurs armoiries (les trois merlettes) souvent usées par le passage du temps, mais reconnaissables à leur disposition en chef.
- Épitaphes médiévales : Certaines pierres plus anciennes, provenant de l’édifice précédent, présentent des gravures de chevaliers en armure, symbolisant les anciens seigneurs de Bossut.
Le monument de la famille Collette
Dans le cimetière entourant l’église ou au sein de l’édifice, la famille de Jules Collette occupe une place d’honneur :
- Style : Leurs monuments reflètent le prestige du XIXe siècle, avec des stèles imposantes et des inscriptions détaillant leurs titres (Notaire, Chevalier de l’Ordre de Léopold, Bourgmestre).
- Hommage à Philippe Collette : Une plaque ou inscription spécifique rappelle souvent le sacrifice du fils de Jules, mort pour la patrie, liant ainsi l’histoire notariale au devoir héroïque.
Éléments artistiques notables
- Le Banc de Communion et la Chaire : Bien que ce ne soient pas des monuments funéraires, ces pièces de mobilier en chêne sculpté ont souvent été offertes par ces mêmes familles. Cherchez les petits écussons ou initiales gravés à leur base.
- Les Vitraux : Les vitraux plus récents (fin XIXe) portent parfois les noms des donateurs, dont les familles de notables qui souhaitaient laisser une trace spirituelle de leur passage.
Vous pouvez consulter l’inventaire détaillé de ces pièces sur le site du Patrimoine de Wallonie ou via le Cercle d’Histoire de Grez-Doiceau.
Remaniée au 19e siècle, façade offrant un portail néo-classique à chambranle en calcaire rectangulaire sous corniche, creusé d’une porte rectangulaire sous une baie d’imposte en plein-cintre à clé ornée d’un bel éventail en fer forgé. Au-dessus et dans les annexes, trois fenêtres du 19e siècle, cintrées sur appui saillant, à encadrement mouluré et clé à volute d’inspiration Louis XVI.
Au niveau des cloches, baies à abat-son cintrées à encadrement plat de pierre blanche, impostes et clé saillantes. Trous de boulin à croisettes de pierre et corniche moulurée à décrochement cintré accueillant un cadran d’horloge sur chaque face. Courte flèche octogonale sur de larges égouts retroussés, sommée d’un petit bulbe sous épi de faîtage portant une haute croix. Nef et chœur éclairés de baies cintrées à impostes et clé saillantes, ils ont une voûte en berceau à arcs doubleaux.
A l’intérieur, ample vaisseau central délimité par des colonnes toscanes et couvert d’un berceau surbaissé. Chœur orné de pilastres composites, s’achevant par une abside empâtée, remarquablement éclairée par le jeu des baies latérales.
Mobilier de qualité en chêne, de style Louis XVI, de la fin du 18e siècle, comprenant, des lambris, une chaire de vérité, des bancs de communions, des confessionnaux. Les autels proviennent du couvent de Bethléem près de Louvain et sont très ornés (bois peint et marbre du XVIII° siècle). Les lambris, la chaire de vérité, (le banc de communion et un confessionnal sont en chêne (style Louis XVI). Au maître-autel, un tableau de Lambert Blendeff (peintre officiel de la ville de Louvain) représente l’adoration des bergers (sur 10 mètres carrés).
Les exceptionnels orgues classés, sont signés « Coppin », vers 1760. Le jubé en chêne est orné de balustrades et de panneaux sculptés de trophées d’instruments de musique. Les autels datent de la 2e moitié du 18e siècle, les retables de la 2e moitié du 17e siècle, De belles sculptures des 16e et 17e siècles et quatre sculptures en bois peint, vers 1700, dans des niches en hauteur (Berger, mage, st Joseph, Vierge à l’enfant).
L’église est entourée de son cimetière qui a été réaménagé en 2025. Suppression de très anciennes tombes afin de faire de la place pour de nouvelles.
Dans le cimetière, intéressantes dalles funéraires de la 1ère moitié du 19ème siècle. Monuments funéraires de X. Jacquelart († 1856), des familles Roberti de Winghe (1re moitié du 19e siècle) et d’Udekem de Guertechin, avec devise « BELLO ET JURE SENESCO » (2e moitié du 19e siècle).

