Les « Seigneurs de Bossut » (Des Seigneurs Bâtisseurs)
Guillaume, comte de Seyne (parfois orthographié Saine ou Sene), est une figure centrale de l’histoire médiévale et légendaire de Bossut-Gottechain. Guillaume était un noble de haut rang, identifié comme le fils de Gilles de Grez. Au XIIe siècle, il est mentionné comme le seigneur tenant la terre de Grez. Son titre de « Comte de Seyne » (ou de Saine) fait référence à un territoire historique lié aux domaines de la famille dans la région.
- Il est surtout célèbre pour sa participation à la Troisième Croisade. En 1190, il part pour la Terre Sainte aux côtés de grands seigneurs de l’époque.
- Il aurait fait le vœu, s’il était libéré, de construire une chapelle ou de ramener des reliques.
- À son retour, il aurait rapporté un morceau de la Vraie Croix, qui fut longtemps vénéré dans la région.
- Le nom de Guillaume de Seyne apparaît souvent dans les recherches sur Gottechain car ses terres englobaient ces villages.
Martin van den Berghe, fils d’Augustin et de Gertrude Saverneel dite Waerzegghere, acquiert à la même époque du chevalier François de Baillet, la haute, moyenne et basse justice de la seigneurie de Bossut.
Antoine van den Berghe, frère aîné et héritier de Martin, receveur des exploits du grand conseil de Malines, secrétaire du Roi, est qualifié dans un acte de partage de 1585, de seigneur de Bossut et Gottechain. Il épousa Anne Favrel, dame d’Onnezies, fille de Nicolas et de N. Lettin, Antoine van den Bergh fit relief de Bossut et d’Archennes en 1574.
Guillaume le Roy, né vers 1580, mort vers 1643, il acheta par engagère pour 3.900 florins, le 12 novembre 1633 au Roi Philippe IV d’Espagne, souverain des Pays-Bas, la seigneurie de Bossut et devint aussi seigneur de Guertechin, Pécrot et La chaussée. Il avait épousé Gertrude de Croy, fille de Michel, seigneur de Smeryersberg, et de Jeanne de Tenremonde, dame de Neeryssche ; petite fille de Guillaume de Croy et de Gertrudevan Halle ; arrière-petite-fille de Michel de Croy dit le bâtard de Sempy, époux de Marguerite van Halle. Ce dernier fils de Michel de Croy, seigneur de Sempy, chevalier de la Toison d’or, dont la mère était une Lalaing et la grand-mère une de Craon. Il fut anobli par lettres patentes datées de Madrid le 28-5-1641 aux armes “d’azur à 5 coquilles d’or posées en croix”. Cimier : un griffon naissant, essorant d’azur, becquée d’or, langué et armé de gueules. A sa mort avant 1643, Archennes et Bossut passèrent à deux héritiers différents.
La famille d’Amezaga a joué un rôle déterminant dans la transition architecturale et seigneuriale de Bossut au 18ème siècle. Tout au long des années, on retrouve plusieurs orthographes : d’Amezaga, d’Amenzaga ou Amenzaga ou Amezaga ou de Amezaga). La famille d’Amezaga succède aux anciennes lignées médiévales (comme les de Spangen) et transforme profondément le visage du village :
- La Ferme du Seigneur (1613) : C’est pour les d’Amezaga, alors seigneurs de Bossut, que le manoir actuel — noyau de l’actuelle Ferme du Seigneur — a été construit vers 1613.
- Style Mosan : Sous leur influence, les bâtiments adoptent le style traditionnel de la région, mêlant briques et pierres bleues, tout en conservant des éléments défensifs (douves, tours) hérités du passé féodal.
Balthazar d’Amezaga : C’est le premier de la lignée à s’implanter solidement dans la région. Il occupe des fonctions de conseiller et maître des comptes à Bruxelles. C’est sous son impulsion, ou celle de son fils, que la seigneurie de Bossut est acquise.
Jean-Baptiste d’Amezaga : Le membre le plus illustre de cette lignée à Bossut est Jean-Baptiste d’Amezaga. Occupant des fonctions de haut rang, il a consolidé le prestige de la seigneurie :
- Il a veillé à l’entretien et à l’embellissement des domaines agricoles, piliers de la richesse locale.
- Leur présence est attestée dans les archives locales comme une période de stabilité administrative pour le village avant que la seigneurie ne passe, par la suite, à d’autres familles ou ne soit morcelée après la Révolution.
- Le Bâtisseur :Il est celui qui fait ériger le manoir de 1613 (noyau de l’actuelle Ferme du Seigneur).
- Titres :Il portait les titres de Seigneur de Bossut, mais aussi de Vliermael et Hees.
- Alliance :Il épouse Isabelle-Claire de Jauche, issue d’une des plus illustres familles de la noblesse brabançonne (les Jauche-Mastaing), renforçant ainsi son ancrage local.
- La descendance :
- Leur fils, également nommé Jean-Baptiste d’Amezaga, poursuit la gestion du domaine.
- La famille s’allie ensuite aux de Spangen: une de leurs descendantes, Marie-Thérèse d’Amezaga, apporte par mariage la seigneurie de Bossut à la famille de Spangen à la fin du XVIIe siècle, ce qui explique pourquoi les armoiries des Spangen sont plus fréquentes sur les monuments ultérieurs.
- Traces et Héraldique : Le nom d’Amezaga est d’origine espagnole (Pays Basque), ce qui témoigne de l’intégration de familles nobles venues avec l’administration des Pays-Bas espagnols dans l’aristocratie brabançonne. Leurs armoiries, bien que moins visibles aujourd’hui que celles des Spangen, figuraient jadis sur les actes officiels et les éléments architecturaux majeurs du château-ferme.
- Détails Héraldiques : Les d’Amezaga portaient : « D’argent à l’arbre de sinople (vert) sur une terrasse de même, accosté de deux loups de sable (noir) rampants contre le fût ». Ce blason est typique des familles originaires du Pays Basque (Amezaga signifiant « lieu de chênes »).
La généalogie des d’Amezaga à Bossut s’inscrit dans l’ascension de la noblesse d’origine espagnole au sein des Pays-Bas méridionaux. Le personnage central pour le village est Jean-Baptiste d’Amezaga.
La lignée des Seigneurs de Bossut
Marc-Antoine d’Amezaga : Écuyer et Seigneur de Bossut, il est l’un des membres les plus documentés. Époux de Dame Jeanne Marie Madeleine Deens, il est mentionné dans des actes de la cour de justice locale en 1741.
- Décédé le 13 janvier 1720 (samedi) – Bossut-Gottechain, 1390
- Conseiller de Louvain (1713-1716)
Parents :
- Jean François d’AMEZAGA (D’AMENZAGA), Seigneur de Bossut (r. 1/7/1692), de Winghe, de Nil-Saint-Vincent, de Nil-Pierreux et de Vaulx†1698
- Marie Thérèse LEROY (LE ROY), Dame de Bossut (r. 1/7/1692) Archennes (1692) et Argenteau1662-1705
Marié :
- Marié le 11 mars 1707 (vendredi), Louvain St Pierre, BELGIQUE, avec Jeanne Marie Madeleine DEENS (DOENS)†1720
- Enfants :
- Jeanne Marie Françoise d’AMEZAGA (D’AMENZAGA), Dame de Bossut d’Archennes (1755) et de Nil Pierreux1708
- François Louis d’AMEZAGA (D’AMENZAGA)1710-1755
- Marie Georgine d’AMEZAGA (D’AMENZAGA)†1721
- Joseph Antoine d’AMEZAGA (D’AMENZAGA)
- Marc Guillaume d’AMEZAGA (D’AMENZAGA)†1737
Frères et sœurs :
- Englebert d’AMEZAGA (D’AMENZAGA)†1692
- Marc Antoine d’AMEZAGA (D’AMENZAGA), Seigneur de Nil-St-Vincent et Nil-Pierreux ; Seigneur d’Archennes, Bossut (Bossuyt) (1705)†1720
- Marie Madeleine d’AMEZAGA (D’AMENZAGA)†1731
L’histoire de Balthazar d’Amezaga (parfois orthographié Balthasar) est celle d’un haut fonctionnaire de l’administration espagnole dont l’installation à Bossut au début du 17ème siècle a transformé le village de manière durable.
- Un haut fonctionnaire de la Cour : Balthazar d’Amezaga n’était pas originaire du Brabant, mais venait du Pays Basque espagnol. Il faisait partie de cette élite administrative envoyée par la couronne d’Espagne pour gérer les Pays-Bas méridionaux.
- Fonctions :Il occupait des postes de prestige à Bruxelles, notamment celui de Conseiller et Maître des Comptes.Statut :Son rôle consistait à superviser les finances et l’administration du duché de Brabant, ce qui lui conférait un rang social élevé et les moyens financiers d’acquérir une seigneurie.
- L’acquisition de la Seigneurie de Bossut : Vers la fin du 16ème siècle ou le tout début du 17ème siècle, Balthazar d’Amezaga acquiert la Seigneurie de Bossut (auparavant détenue par la famille de Spangen, à laquelle ses descendants s’allieront plus tard).
- Cette acquisition marque le passage de Bossut d’une seigneurie féodale traditionnelle à un domaine géré par la « noblesse de robe » (noblesse issue de la fonction publique).
- En devenant Seigneur de Bossut, il obtient les droits de justice sur le village et la propriété des terres agricoles majeures.
- Le projet architectural de 1613 : C’est sous son impulsion (ou celle de son fils, également nommé Balthazar ou Jean-Baptiste selon les sources généalogiques) que le manoir de 1613 est érigé.
- Un symbole de puissance :La construction de ce qui deviendra la « Ferme du Seigneur » visait à établir une résidence digne de son rang de conseiller à la Cour, tout en centralisant l’exploitation agricole.
- Style et Matériaux :Il impose l’usage de la brique et de la pierre bleue, créant le noyau architectural qui définit encore aujourd’hui le centre historique de Bossut.
- Héritage et Descendance : Balthazar d’Amezaga a fondé une lignée qui restera influente à Bossut pendant plusieurs générations : Sa famille s’est alliée par mariage aux de Jauche et plus tard à nouveau aux de Spangen, fusionnant ainsi le sang espagnol avec les plus vieilles familles du Brabant. Son nom est intrinsèquement lié à l’âge d’or du patrimoine bâti du village, faisant passer Bossut du statut de modeste hameau médiéval à celui de pôle seigneurial structuré.
- Le blason de Balthazar d’Amezaga est un exemple classique de l’héraldique basque, importé au cœur du Brabant wallon lors de son installation à Bossut.
- Description héraldique : Le blason des d’Amezaga se définit ainsi : « D’argent à l’arbre (un chêne) de sinople, posé sur une terrasse du même, et deux loups de sable rampants contre le fût, l’un à dextre et l’autre à senestre. »
- Symbolique des éléments : L’arbre (le chêne) : En langue basque, le nom Amezaga signifie littéralement « lieu de chênes ». C’est ce qu’on appelle des « armes parlantes », car le dessin illustre directement le nom de famille. Il symbolise la force et la pérennité. Les deux loups : Le loup est un meuble très fréquent dans l’héraldique espagnole et basque. Il représente souvent un guerrier courageux ou un protecteur vigilant de ses terres. Les couleurs : L’argent (blanc) symbolise la pureté et la tempérance, tandis que le sinople (vert) évoque la liberté et l’abondance liée à la terre.
Marie Le Roy, sœur de Guillaume et veuve de Louis van den Eede, racheta la seigneurie de Bossut à titre définitif le 24 janvier 1644 au Roi Philippe IV, au prix de 6929 florins + 5880 florins pour le remboursement de la première engagère. Elle en fit relief le 24 mars suivant devant la Cour féodale de Brabant. Elle mourut sans enfant vers la fin de 1654, léguant la seigneurie à son neveu Renier I Le Roy, fils de Guillaume.
Renier I Le Roy, releva la seigneurie de Bossut le 29 mars 1655, suite au testament et par héritage de sa tante précitée. Il mourut le 4 août 1661 apparemment célibataire. Il avait été admis au lignage van den Steene de Louvain avec ses deux frères. Il avait été sénateur de 1641 à 1659.
Marc-Antoine Le Roy, seigneur d’Archennes après son frère et héritier de Renier I, releva à ce titre la seigneurie de Bossut le 18 novembre 1661. Un acte des échevins d’Archennes l’intitule formellement le 16 juin 1675, seigneur d’Archennes et de Bossut. Il est cité dans des actes de 1679 à 1685. Le 8 octobre 1690, Maître Van Vossum reçoit son testament. Il meurt début 1691. Il avait épousé Marie-Anne de Dielbeeck, fille d’Antoine Frédéric et de Suzanne van den Vorst.
Renier II Le Roy, fils de Marc-Antoine, il fait le relief de la seigneurie de Bossut le 14 avril 1691. Il a habité le château d’Archennes avec sa femme et ses enfants de 1683 à 1685. Il alla s’établir à Vuram (Tervueren ?), ne laissant sur place que des domestiques. Il semble que ses enfants soient morts en bas âge. Il avait épousé Marie-Albertine dite Madeleine de San Victor, de San Vittores ou de Saint-Victor, fille de don Carlos, originaire de Burgos, et de Françoise Janvier de Morales. Il mourut en 1692. Son épouse hérita en usufruit la seigneurie d’Archennes en 1692. En 1694, elle épousa Alexandre della Faille et mourut le 2 février 1722.
Marie-Thérèse Le Roy, dame de Bossut par relief du 1 juillet 1692, avait épousé François de Amenzaga, fils de Jean-Jacques, maître de camp, sergent major d’un régiment de cavalerie de mille chevaux au service de S. M. Impériale seigneur de Winghe St Georges et de dame Louyse-Claire van der Vorst. Elle mourut en 1705.
Guillaume-Antoine d’Amezaga, frère de Guillaume, seigneur d’Archennes et de Bossut par relief, fait devant la cour féodale de Brabant, le 6 mars 1720. Il meurt vers 1747 apparemment célibataire.
François-Louis d’Amezaga, frère de Guillaume, seigneur d’Archennes et de Bossut par relief, fait le 9 octobre 1747. Il meurt vers 1755 apparemment célibataire. Il habitait Louvain.
Jeann Marie-Françoise d’Amezaga, sœur de Guillaume et de François-Louis née le 10 mars 1708, releva la seigneurie de Bossut le 6 novembre 1755 après le décès de son frère François-Louis. Dame d’Archennes et de Nil-Pieirreux, elle épousa Charles-Thierry dit Théodore Schotte vicomte de Bergues St Winnoc seigneur d’Harcourt né le 7 août 1708 et décédé le 3 août 1762. Il fut bourgmestre de Louvain en 1743 et1744 et premier échevin de 1754 à 1762. Ils eurent un fils Charles-Albert Lamoral Schotte.
Charles-Albert Lamoral Schotte, Vicomte de Bergues-St-Winnoc et seigneur d’Archennes, baptisé à Louvain le 14 juillet 1745, il relève la seigneurie de Bossut le 3 avril 1787, après la mort de sa mère. Il épousa en janvier 1765 Marie-Anne Antoinette de fusco de Mataloni née le 22 juin 1748, décédée le 25 février 1768, fille unique de Pierre-Eugène, d’une famille originaire de Naples et d’Anne -Philippine van den Berghe de Limminghe.
Charles-Alexandre François Schotte, Baron et Fils de Charles-Albert, né le 24 février 1768, il releva la seigneurie de Bossut le 3 janvier 1788. Il mourut sans enfant en décembre 1801 ayant épousé à Anvers le 12 juillet 1791, Madeleine Roose de Baisy née à Anvers le 23 février 1772 et décédée à Bruxelles le 20 octobre 1823, fille de Jean-Alexandre Roose, comte de Baisy, baron de Bouchout-lez Bruxelles et de Marie-Anne van de Werve.